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VII Congreso mundial de pastoral del turismo. Cancún 2012

El turismo, ¿una ocasión para conocer realmente la población local?
MESA REDONDA: “HACIA UN TURISMO SOCIAL, RESPONSABLE Y JUSTO” -Su Excia. Mons. Mathieu Madega LebouakehanObispo de Port-Gentil, encargado de la Pastoral de Turismo y Migrantes (Gabón)


Por: Su Excia. Mons. Mathieu Madega Lebouakehan. Obispo de Port-Gentil, encargado de la Pastoral de Turismo y Migrantes (Gabón) | Fuente: VII Congreso mundial de pastoral del turismo



RESUMEN

Nos encontramos, de entrada, del lado del turista que se dirige hacia la población local.

Un turista que llega a un país nuevo tiene su propia cultura, por lo tanto, el encuentro entre el turista y la
población local, que a su vez tiene una cultura diferente, no se puede dar por descontado. Y para que este
encuentro sea una oportunidad para conocer realmente a la población local, el turista deberá tener algunos
valores que son:

- el deseo real de conocer a la población local;
- una disponibilidad para el aprendizaje y
una apertura mental;
- un punto de vista sano y objetivo de la población local;
- la capacidad de escuchar;
- un espíritu crítico;
- una dosis de humildad;
- una buena dosis de curiosidad prudente;
- un gran respeto y una profunda gratitud;
- un amor sincero por la población visitada.

Estas mismas cualidades son las que, en términos relativos, debemos exigir a los que acogen al turista, así
como a los organizadores y a las guías, que deben velar para que la relación “turista(s) - población local”
sea beneficiosa para todos. María es el icono del turismo.


TEXTO

1. Introduction

Dans le cadre de notre Table Ronde nous voulons intervenir, sur Le tourisme: une chance pour
connaître vraiment la population locale? En nous limitant au tourisme qui se déroule en dehors du propre
pays ou continent. Même si le tourisme met en relation le visiteur et le visité grâce au facteur organisation,
nous nous situons d’emblée du côté du touriste qui va vers la population locale. C’est pourquoi nous allons
voir sa situation avant le voyage, au cours de son déplacement vers le lieu touristique, et pendant son
séjour au pays ou continent visité.

A/ Le touriste avant le voyage
D’une manière générale, le touriste possède déjà une culture. Et avant de voyager il recherche des
éléments relatifs au lieu qu’il va visiter et à la population qu’il va rencontrer. Ainsi a-t-il déjà une
«précompréhension», une expérience médiate de la population locale. Notons au passage qu’il n’est pas
facile d’avoir une description exhaustive d’un lieu ou d’un peuple à travers un document.

B/ Le touriste au cours du voyage de sa résidence à la destination.
C’est la période du mystère de l’inconnu qui est déjà pourtant perçu de façon médiate et qui est
sur le point d’être connu tel qu’il est.

C/ Le touriste arrivé à la destination prévue.
Une fois parvenu à la destination prévue le touriste n’est plus chez lui, il se trouve dans un nouveau
pays ou un autre continent avec «d’autres traditions, d’autres façons de vivre, d’autres formes pour voir le
monde». Et la rencontre entre le touriste et la population locale ne va pas de soit : il s’agit de la rencontre
de deux cultures différentes. Car autant la rencontre entre deux personnes de la même culture demande
des efforts de part et d’autre, autant la rencontre entre deux cultures le demande davantage. Mais cette
dernière peut être une chance pour le touriste de connaître vraiment la population locale en remplissant
certaines conditions, étant donné qu’il doit en quelque sorte se mettre à l’école de la culture de la
population visitée


2. Les conditions que le touriste devrait remplir.

2.1. Un désir réel de connaître vraiment la population locale.
Quelque soit les qualités du touriste, et malgré l´ouverture ou la disponibilité de la population
locale, s´il lui manque ce réel désir de connaître la population locale, la rencontre touriste-visité est presque
vouée à l’échec (Sinon le touriste cherche encore à se retrouver uniquement avec son groupe et avec ceux
qui ont les mêmes habitudes que lui, désirant retrouver ce qu’il a laissé d’où il est venu).

2.2. Une certaine disponibilité pour l’apprentissage d’une autre culture et une ouverture d’esprit.
Si le désir de connaître n’est pas accompagné d’un temps à consacrer à cette activité et d’une
ouverture d’esprit, la disponibilité de fait de la part de la population visitée à être connue ne sera d’aucun
profit pour le touriste. Dans le cas contraire, le touriste refuse d’entrer en dialogue et s’enferme dans la
lecture des ouvrages apportés ou regarde les chaînes de télévision auxquelles il est habitué. Il s’enferme
dans ce qu’il sait déjà. Bref, disponibilité et ouverture d’esprit rendront aisé l’accueil de la réalité locale
qu’il faudra connaître ensuite.

2.3. Un regard sain, serein, bienveillant, neutre et objectif sur la population locale (une lecture
studieuse de la réalité).
Nous savons tous qu’un oeil malade ne permet pas une bonne perception de la réalité, car il fausse
le jugement. C’est le cas du touriste qui cultive une cécité ou un daltonisme, ou encore une coloration du
regard, qui déforme tout ce qu’il voit. D’où la nécessité d’une certaine santé du regard du touriste afin de
ne pas confondre ombres avec réalités, mais au contraire il doit voir réellement ce qu’il y a et pas ce qu’il y
a dans l’imagination. Ce regard inclut une attention à l’autre, dans sa globalité, et une bienveillance.

2.4. Une écoute attentive, patiente et totale (une compréhension sérieuse).
Une Écoute attentive, patiente et totale est un moyen efficace de connaissance. Il n’est nul besoin
de rappeler le très connu «shema Israel», Écoute Israël (Dt. 6,4), qui est à la base de la foi du pieux
israélite. Les messages écoutés distraitement, de façon hâtive et à moitié ont une forte probabilité d’être
tronqués, travestis, ou dénués de sens. Aussi une bonne qualité d’écoute de la part du touriste posera-telle
une base solide pour un apprentissage certain des réalités locales. Écoute sans laquelle il lui sera
difficile de faire attention à ceux qui le reçoivent, et connaître la population locale deviendrait malaisé.

2.5. Un esprit critique pour faire l’analyse et la synthèse.
Le touriste doit critiquer les informations recueillies par les sens. Une critique qui se veut objective,
qui distingue le vrai du faux, l’important de l’accessoire, la mystification du sérieux. Le but visé étant la
véritable connaissance de la population locale. Pour cela le touriste cherchera d’abord à bien comprendre
les motivations sous-jacentes à certains modes d’être et de faire fussent-ils identiques à ceux du pays d’où
il vient. En français un dicton affirme « vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà ».Autrement dit une
manière de faire dans un pays donné peut avoir une toute autre signification dans un autre pays (Exemples:
les paroles identiques aux significations différentes, les types de réponses avec la tête, et les appels avec la
main).

2.6. Une bonne dose d’humilité et de discrétion pour bien accueillir l’autre.
L’humilité est nécessaire pour aider le touriste à éviter l’esprit de suffisance avec sa cohorte de
préjugés. Car face aux modes normaux d’être et de faire pour le milieu mais qui choquent le visiteur, en
mal ou par excès, il lui est plus qu’utile d’avoir une bonne dose d’humilité afin de se laisser interpeller pour
ensuite bien chercher à appréhender le fait et donner de justes jugements de valeur, souvent inévitables
de la part des humains (un papa ne trouvait pas normale que 20 personnes courent derrière un seul ballon
alors chacun a possibilité de s’acheter plusieurs ballons de football). Grâce à l’humilité, le touriste se
laissera instruire par la réalité locale. La discrétion réduira les réactions intempestives et laissera la place
à la courtoisie.

2.7. Une bonne dose de curiosité saine et prudente qui tempère la peur de l’inconnu, de l’Étranger.
Pour faire rimer les points qui précèdent avec l’humilité et la discrétion, une bonne dose de
curiosité prudente et saine est nécessaire pour pouvoir aller à la rencontre de la nouveauté, et dialoguer
avec celle-ci afin de la connaître vraiment la population locale. Cette curiosité permet de sortir du déjà vu,
du déjà entendu, du déjà connu antérieurement, et faire progresser dans la connaissance de l’autre avec
ses us et coutumes (Ainsi un touriste goûtera un nouveau type de plat, une nouvelle boisson ; il appréciera,
en conformité avec sa foi, d’autres manières de célébrer, de prier, de chanter, de se vêtir, etc.). Tout cela
sans se renier soi-même ou sans rejeter sa culture.

2.8. Un grand respect et une profonde gratitude.
Le respect du pays hôte avec tout ce qu’il contient (les personnes et les biens, les lois et les
coutumes avec leurs particularités) est une disposition qui favorise la rencontre et consolide les liens. Au
respect il faut ajouter la gratitude ou la reconnaissance du caractère unique de cette rencontre en ce lieu
unique.

2.9. Un amour sincère de la population visitée.
Toutes les qualités ou prédispositions déjà citées peuvent déboucher sur une connaissance
purement formelle, sèche et sans saveur ni éclat pour le touriste s’il lui manque l’amour sincère du pays et
de la population locale visités. Il donne à sa connaissance des lieux et personnes une profondeur, une
saveur et une connaturalité qui ne se rencontrent pas dans une connaissance tirée des documents. Car
l’amour ajoute au savoir ce que l’expérience simple et la raison seule ne peuvent saisir pleinement, il bannit
la méfiance et suscite la confiance. L’amour accepte l’autre avec toute sa dignité et sa diversité culturelle.


3. La population

Les qualités attendues du touriste sont, toute proportion gardée, exigibles à la population locale
qui l’accueille. Enumérons en quelques unes.

3.1. Une réelle volonté de réserver au touriste un accueil soigné et chaleureux.
Sans cette volonté rien ou presque rien ne sera mis en ouvre pour un bon accueil ; et le touriste se
trouvera dans le pays ou le continent visité comme un cheveu dans la soupe. Une sorte de curiosité venue
de nulle part.

3.2. Une grande disponibilité et une bonne organisation avec un esprit d’ouverture à autrui.
Une chose est accueillir des touristes jeunes, indépendants et robustes, autre chose est accueillir
des touristes du troisième âge.

3.3. Un regard attentif et une Écoute délicate du touriste.
Autant le touriste découvre le milieu, de même le milieu le découvre. C’est donc une relation
réciproque de la connaissance et du donné et du recevoir.

3.4. Une bonne dose d’humilité pour bien accueillir favorable de la différence.
Celui qui accueille est d’une certaine manière aussi accueilli par celui qu’il accueille. C’est un accueil
qui est acceptation de l’accueillant. Etant donné qu’assez souvent chacun considère sa culture préférable
à celle de l’autre, la population qui reçoit le(s) voyageur(s) a également besoin d’humilité.

3.5. Une bonne curiosité saine et prudente, un véritable amour du touriste.
La curiosité est pour la connaissance ce que l’aurore est pour le jour.
Lorsque ces conditions sont réunies, et bien d’autres encore, le tourisme peut certainement être
une occasion privilégiée pour affiner l’intelligence et enrichir chacun par la connaissance de l’autre (cfr.
Concile Vat. II). Il peut favoriser la rencontre, le dialogue, puisqu’il met en contact avec d’autres lieux.


4. De la part des organisateurs.

La réussite des activités touristiques dépend en grande partie des organisateurs, des guides
expérimentés, qui mettent en relation le(s) touriste(s) avec la population locale. Aussi doivent-ils
soigneusement préparer les voyages en tenant des moyens de communication, de la culture, de la langue,
des moeurs, de la religion, de la sensibilité politique ou philosophique, de la condition économique,
physique et sociale des uns et des autres.

4.1. Etablir un vade mecum pour la région visitée.
Dresser une liste des particularités relatives au(x) pays d’accueil peut être utile. Nous pensons par
exemple aux choses particulièrement prohibées et/ou recommandées (dans certaines régions certains
animaux sont sacrés, interdiction de manger dans la rue !), ou encore aux choses fortement recommandées
(offrir un verre d’eau à tout visiteur) !

4.2. Elaborer une « check-liste » des attentes des touristes.
En tenant compte des formes de vie des touristes, élaborer une liste de leurs attentes connues.
Liste à l’usage de ceux qui accueillent. Certains touristes ont peut-être des habitudes ou commodités
consolidées qu’ils n’aimeraient changer pendant quelques jours uniquement.
Pour un groupe de croyants, prévoir des endroits de célébration du culte est une prévenance fort
appréciable.


5. Conclusion

Pour conclure nous proposons la figure de la Mère de Dieu comme l’image complète du tourisme
(voire du pèlerinage). En effet, la Vierge Marie est à fois terre d’accueil du Pèlerin (Vas spirituale,
honorabile, insigne devotionis ; Turris Davidica, eburnea ; Domus aurea ; Refugium peccatorum ; Temple du
Seigneur), Celle qui prépare l’accueil (elle attendait comme fille d’Israël la réalisation de la promesse divine;
Elle persévérait avec les Apôtre dans la prière), et Celle qui accueille le Pèlerin (fiat secundum verbum
tuum, et Verbum caro factum est et habitavit in nobis). Elle est également Pèlerine et par tout son être
manifeste toutes les qualités d’un touriste : du désir de connaître à l’amour sincère de la population visitée.
Que Notre Dame du Perpétuel secours nous accompagne.
Je vous remercie.







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